Lyon-Montpellier (1-2) : l'OL confirme la crise...

jeudi 24 décembre 2009

Triste spectacle le 23 décembre à Gerland, où Lyon s'est incliné face à Montpellier (1-2). Le constat est alarmant : avec cette nouvelle défaite (la troisième à domicile depuis le début de la saison), combinée en plus aux victoires de Lille et d'Auxerre, Lyon pointe à la 6ème place.
L'OL peut avoir le cœur lourd ce soir : la trêve hivernale n'est pas accueillie avec une grande festivité. Montpellier a joué le coup à fond, et réalisé un exploit hors norme : celui de s'imposer sur le terrain du club de la décennie. Les hommes de René Girard sont 3èmes de Ligue 1.

Lyon se répète, dans le jeu comme dans les résultats.
Il est vraiment des soirs où l'on n'y comprend plus rien. Lyon laisse pantois. Sans voix. Depuis deux mois, Lyon n'est plus que le pâle reflet d'une équipe Septuple Championne de France. Sept points pris sur 24 possibles depuis fin octobre, et une fin de campagne de qualification décevante en Ligue des Champions, le Roi Lyon n'est plus qu'un lointain souvenir, qu'on se le dise. Dorénavant, il tremble face à des promus. Maintenant, il relance les équipes au fond du trou (tel Grenoble). Aujourd'hui, il inquiète tout l'environnement lyonnais. Car ce que l'on appelait inconstance se transforme peu à peu en habitude. Et à Lyon, on a pas trop l'habitude de ce genre d'enchaînement malheureux. Lyon est dans une période noire. Le match contre Montpellier le symbolise, encore une fois...

Séduisant en première mi-temps, le groupe est revenu anesthésié des vestiaires.
Séduisant, Lyon l'a été. Comme à Monaco. De l'allant, de l'envie, mais peu d'occasions malgré tout : une frappe non cadré de Toulalan (25'), une aussi de Govou (33') ou une tête de Lisandro sur un centre de Delgado, dans les gants de Jourdren (40'). Les montpelliérains, quant à eux, ne montraient rien, si ce n'est une frappe de Costa (44') hors cadre. Ils étaient surtout dangereux sur corner (23' et 42'), mais Lloris et Cris dégageaient au loin. La mi-temps était sifflée sous les sifflets mesurés mais...

Lyon a-t-il été acheté à moitié prix ?
C'est la question légitime que tout supporter est en droit de se poser. Car cette équipe ne joue pas ses matchs en entier. 20 minutes à Florence, 10 minutes à Grenoble, un quart d'heure contre Rennes, ou plus récemment la première mi-temps à Lille, contre Monaco ou encore contre Montpellier. Lyon est revenu anesthésié des vestiaires. Sans mouvement, sans envie, sans allant. Sans talent. Le talent était montpelliérain avec l'ouverture du score par Montano. A la 53ème minute, l'attaquant colombien, servi par Aït-Fana, enroulait sa frappe qui terminait sa course dans la lucarne d'Hugo Lloris. Le gardien lyonnais ne pouvait rien, Montpellier menait 1-0.
L'ambiance était tendue à Gerland et sur le terrain : Govou, Toulalan et Cris pour l'OL, et Jeunechamp et Jourdren pour Montpellier prenaient un carton jaune. Claude Puel tentait un coup de poker en réalisant un double changement : Gomis et Pjanic entraient à la place de Govou et de Källström. C'était une tactique gagnante pour le coach de l'OL, car Pjanic centrait pour la tête égalisatrice de Gomis à la 83ème minute de jeu !

Le plus dur semblait fait pour l'OL qui revenait dans la partie, mais c'était sans compter sur l'envie héraultaise, bien supérieure à l'envie lyonnaise ; Costa, sur un coup franc excentré, servait Marveaux qui fusillait Lloris d'une tête à bout portant (86'). Les lyonnais étaient assommés, définitivement hors course. Montpellier s'imposait 2-1 à Gerland et prenait seul la troisième place au classement, avec 33 points. Lyon rétrograde à la 6ème place, avec 30 points.

Lyon a donc fini l'année avec perte et fracas. Perte de trois places dans le Championnat de France et fracas d'une équipe totalement hors sujet depuis plus de deux mois maintenant. On a malheureusement l'impression de se répéter, mais avec cet OL là il y a peu d'analyse footballistique à faire : Lyon ne produit pas de jeu, n'a aucun fond de jeu, n'a pas les qualités mentales, physiques, techniques et tactiques nécessaires ; même les retours de Toulalan et Bodmer n'ont rien produit. Il va falloir un électrochoc d'ici à la reprise début janvier, car Lyon ne peut pas continuer comme cela. A ce rythme-là, c'est en deuxième partie de tableau que l'OL finira en mai prochain. Mais comment faire un électrochoc ?
Le limogeage de Claude Puel, envisagé par les supporters, est-il la seule solution aux difficultés lyonnaises ? Il y a en tout cas peu de chances (si ce n'est aucune) que le coach parte de l'OL cet hiver. Une autre solution envisagée est le besoin de renfort dans l'effectif. Cela tombe bien, il y a la trêve hivernale du 1er au 31 janvier. Jean-Michel Aulas va-t-il encore sortir son carnet de chèques ?
En tout cas, une chose est sure : Lyon est à 13 points de Bordeaux, vainqueur de Toulouse (2-1). Et la différence, criante, est bien supérieure qu'une simple histoire de coach sur le banc.


Mikhaël Defoly



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Ligue 1 / Monaco-OL (1-1) : Lyon n’y est décidemment pas !

mardi 22 décembre 2009

L’OL a encore perdu des points dans une éventuelle course au titre dimanche soir, en concédant un match nul à Louis II contre Monaco (1-1).
Les lyonnais, pourtant séduisants durant les 35 premières minutes, ont peu à peu subi le jeu monégasque et la pression infligée par les hommes de Guy Lacombe. Ils avaient ouvert le score à la 22ème minute par un puissant coup franc direct de Michel Bastos et dominaient une ASM inexistante.
Mais le Champion déchu a lâché le pressing et les joueurs, déçu, n’ont pas su gagner les duels importants ; c’est d’ailleurs sur deux duels successifs perdus par les lyonnais qu’est venue l’égalisation monégasque, par Park (35’).
Une fois n’est pas coutume, Hugo Lloris est directement impliqué dans l’égalisation princière. Mais il n’a été soutenu par aucun de ses défenseurs sur l’action du but, signe que l’ultime rempart du paquebot OL, c’est bel et bien lui.
Affichant une maîtrise collective et une envie retrouvée dans la première demi-heure, on a du mal à voir comment les lyonnais ont pu ne pas gagner ce match. L’adversaire du soir était largement à la portée de l’OL, diminué par de nombreuses blessures et porté par un public pas vraiment expressif.
C’est pourtant celui-ci qui faillit prendre l’avantage, par Alonso (40’), Mollo (65’) ou encore Nenê en toute fin de match (92’). Lyon, à l’image du but (pourtant valable) refusé à Boulogne mercredi dernier, s’en tire bien.

Le retour de Toulalan, après cinq semaines d’absence, a été l'une des rares nouvelles réjouissantes du match.
L’un des seuls points positifs de cette rencontre côté lyonnais est le retour de Toulalan après plus de cinq semaines d’absence. Entré à la 74ème minute de jeu, l’ancien nantais a redonné le sourire aux supporters en seulement quelques minutes. Physique, dur sur l’homme et dans le jeu, pressant, récupérant haut, se projetant vers l’avant, offrant du mouvement, nul doute que sa prestation, même courte, a été de haut vol. Il fera du bien à l’OL sur les prochains matchs à n‘en pas douter, et à commencer dès mercredi par Montpellier.

Les surprenants promus viennent en effet à Gerland pour le dernier match de l’année. Espérons que l’ambiance dans les tribunes mercredi sera davantage festive que face à Boulogne. Lloris, Cris, Toulalan et Lisandro (la colonne vertébrale lyonnaise, enfin retrouvée) contribueront certainement à l’engouement du public.

Montpellier, c’est la dernière marche à gravir avant deux semaines de trêve. Les lyonnais, à quelques jours de Noël, ne voudront surtout pas gâcher la fête.


Mikhaël Defoly


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Ligue 1, 18ème journée : Lyon veut faire un jackpot

dimanche 20 décembre 2009

Après son insipide victoire contre Boulogne en milieu de semaine (2-0), l'OL repart en Ligue 1 dans de nouvelles péripéties. Pour la 18ème journée, le 18ème obstacle qui se dresse face aux lyonnais ce soir, c'est Monaco.


Mal en point, les hommes de Guy Lacombe, 12èmes au classement général, accueillent une formation lyonnaise aux abois. La victoire étriquée face à Boulogne n'a pas réconcilié l'OL avec son public, et le divorce entre les supporters et Claude Puel semble consommé. Nullement critiqué en on par Bernard Lacombe, c'est en off que les hommes se lâchent : Vincent Espié, le préparateur physique, et Monsieur Orhant, le médecin de l'OL, sont tous deux dans le viseur. Les (trop) nombreux problèmes d'adducteurs semblent avoir trouvé leur origine quelque part ; Vincent Espié serait trop favorable aux longues séances physiques, ce qui affaiblirait l'équipe lyonnaise, physiquement et mentalement.



Aly Cissokho, qui s'est fait le porte parole du groupe il y a deux semaines, a été évincé provisoirement du groupe par Claude Puel. Sous l'ère Puel, apparemment, on aime pas quand les joueurs prennent trop leur responsabilité avec la presse. La défaite contre Bordeaux (0-1) a brisé le lien entre l'équipe et ses supporters. Des supporters en colère mercredi soir, et qui, après avoir déployé une banderole adressée à l'équipe (cf. « On se met à votre niveau »), ont assisté en spectateurs muets au match. Puel, égratigné à plusieurs reprises par des « Puel Démission » ou des chants à la gloire de Gérard Houiller, a d'ailleurs confié après match que l'OL avait joué à huit clos. Un pavé de plus dans la mare lyonnaise. Mais l'équipe, elle, tente de ne pas s'embourber.



Pour le match face à Monaco, Toulalan, Cris (suspendu mercredi) et Lisandro Lopez font leur retour dans le groupe. Des joueurs cadres qui devraient, dans le vestiaire comme sur le terrain, insuffler un nouveau vent à l'OL. Côté Monégasque, c'est Vincent Muratori, Mathieu Coutadeur, Gudjohnsen, Eduardo Costa et Adriano qui manqueront à l'appel.

Car Lyon connait, dans sa dynamique, le même schéma que son adversaire du soir : des débuts prometteurs, puis un effondrement brutal et ravageur. Monaco, qui était 2ème du championnat fin octobre, se retrouve aujourd'hui 11ème au classement après une série de 4 défaites et 1 match nul. Lyon, dont on ne présente plus les carences, est 4ème après avoir passé pourtant 2 défaites et 3 matchs nuls sur les 6 derniers matchs de Ligue 1.
L'Homme qui arbitrera le match ce soir sera Monsieur Bré.

Ce soir, la confrontation entre Monaco et Lyon est de plusieurs ordres.
C'est un duel de buteurs, tout d'abord, entre Lisandro Lopez, meilleur buteur lyonnais et ses huit réalisations, face à Nenê, le monégasque, actuel meilleur scoreur du Championnat avec dix buts. C'est un duel d'entraîneurs, aussi, avec deux meneurs d'hommes au profil identique ; d'un côté ensuite, le formateur et ancien sochalien Guy Lacombe face au bâtisseur et ancien lillois Claude Puel.


Monaco/Lyon, c'est enfin un duel historique : 45 confrontations en Ligue 1 depuis 1932, pour un résultat largement à l'avantage des sudistes ; 28 victoires monégasques contre 10 petites victoires lyonnaise, et 7 malheureux matchs nuls. Sur les dix dernières saisons, la tendance se confirme : l'OL ne l'a emporté que trois fois pour six victoires princières et un match nul. Mais la dernière victoire lilloise remonte à la saison 2006-2007 (1-0).
Attention donc, avec Lille et Rennes, Monaco est la troisième équipe qui réussit peu aux lyonnais dans le Championnat.




Mikhaël Defoly




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OL-Bordeaux (1-0) : Alors Jean-Michel, crise ou pas crise ?

lundi 14 décembre 2009

Encore une défaite le 13 décembre 2009 en Ligue 1 pour l'OL, face à Bordeaux (0-1), et tout risque de se déchaîner dans les jours qui viennent.
Six points pris sur les 8 derniers matchs de Ligue 1, une neuvième place au classement, des propos qui dérangent, un coach fragilisé, des joueurs désolidarisés, un staff qui n'hésiterait plus à s'exprimer sur Claude Puel, une presse qui s'interroge, un public qui gronde : tout (ou presque) va mal en ce moment à Lyon. Mais l'Homme fort de l'OL, le Président Aulas, reste confiant. Il affirme, avec une assurance digne de Christine Lagarde dans sa plus grande période de décroissance économique, que l'OL n'est pas touché par la crise. Alors comment appeler cette période noire que traversent les lyonnais ? Comment y remédier ? Quelle est la part de responsabilité de chacun dans la non-réussite du club ? Enquête :

Puel, un homme fragilisé.
Lorsqu'il débarque à Lyon à l'été 2008, Claude Puel est souriant. Il arrive entre Rhône et Saône avec des idées en tête, un projet à mener à bien et des fonctions importantes. Un contrat de 4 ans est signé, et il est nommé entraîneur général, par Jean-Michel Aulas, persuadé que seul un « système à l'anglaise » peut amener l'OL au top européen. Mais après une première saison décevante (saison sans aucun titre, troisième place de Ligue 1 et élimination en 1/8ème de finale de toutes les coupes nationales et européennes), Puel est confirmé dans ses fonctions. Il ajoute même une corde à son arc, en s'occupant intégralement du recrutement lyonnais. Lisandro Lopez, Bastos, Cissokho, Gomis, on les connait par coeur, les quatre recrues, achetées à prix d'or, et censées redorer le blason lyonnais. Mais un début de saison prometteur a été terni par des mois d'octobre, novembre et début décembre catastrophiques. Lyon, en perdant Toulalan pour quelques matchs, à perdu gros, très gros. Car le métronome de l'équipe, c'est lui. Le leader, le taulier.
Un seul arrière gauche dans un groupe connu pour ses carences défensives
Puel est aussi un innovateur, un créateur, avec le concept du « milieu de terrain reconverti défenseur » (Bodmer et Toulalan sont ses deux exemples les plus vendeurs). Mais la faute à quoi ? Au manque de défenseurs, bien sur ! Et ce manque de défenseurs, la faute à qui ? A Puel, naturellement ! Car il est en charge du recrutement. Cette saison, il est parti dans un système de pensée bien à lui : « la meilleure des défenses, c'est l'attaque ». Par ici les 24 millions d'euros pour Lisandro, par là les 18 millions d'euros pour Bastos, et 15 millions d'euros supplémentaires dans les caisses des Verts pour Gomis ! Et avec ça ? Un seul arrière gauche, dans un groupe qui, la saison dernière, a perdu son titre en grande partie à cause de ces carences défensives.
Des "groupes Facebook" réclament la démission de Claude Puel
Comme tout les grands créateurs-artistes-innovateurs, Puel est incompris. Il est en décalage avec son temps, avec les supporters (des groupes de supporters réclament sa démission sur facebook, des pétitions circulent, son nom a été sifflé pour la première fois à Gerland contre Debrecen mercredi dernier). Il est isolé, triste, seul face à ses idées. Ses méthodes dérangent, ses discours ne passent pas bien, mais le soutien de son Président est indéfectible (voir ci-dessous). Cependant un homme risque de semer le trouble dans cette relation parfaite de Président à entraîneur général : le conseiller, homme influent et expérimenté du triptyque à la lyonnaise.

Lacombe, un conseiller blessé.
Les maux lyonnais ont été résumés par les mots du conseiller du Président, dans le France Football de vendredi dernier. Bernard Lacombe, dont les sorties médiatiques sont rares, a exprimé sa décrépitude suite aux derniers résultats de l'OL. Il a qualifié les joueurs lyonnais de « suiveurs », considère à juste titre « [qu'] il n'y a pas de leader dans ce groupe » et tacle la mentalité des joueurs stars de l'OL, « qui feraient mieux de parler du jeu entre eux, plutôt que de leur dernière bagnole ». Il s'est lâché, Bernard, et ça fait du bien ! Surtout qu'il a visé juste.
En critiquant la qualité mentale des joueurs, Bernard Lacombe s'évite de critiquer la préparation mentale du coach. En critiquant les qualités défensives de l'équipe, il s'évite de critiquer le système de jeu de Claude Puel. En critiquant le manque de leader dans le groupe, il s'évite de critiquer le recrutement de « monsieur bricolage ».
Autrement dit, de cri du cœur en cri d'alarme, Bernard Lacombe critique l'équipe, mais surtout celui qui la dirige. L'art de la parole lui a offert la possibilité de ne jamais citer Claude Puel comme étant responsable des problèmes du club, ainsi toute polémique est évitée. Malin le Nanar !! Il faut dire qu'il est à bonne école, avec maître Jean-Michel Aulas, le phénomène médiatique de ces dix dernières années.

Aulas, un Président largué ?
A la détresse lyonnaise, le Président Aulas n'a rien trouvé à répondre. Ah, si ! « Le club n'est pas en crise » (langue de bois quand tu nous tiens...). En même temps, avec l'action de l'OL (on rappelle que le club est côté en Bourse), il serait de mauvais ton de parler de crise sportive, ça pourrait rejaillir sur les finances du club ! (sic). C'est d'ailleurs, pour certains supporters, la raison principale de son refus d'évoquer une crise. Mais qu'on le veuille ou non, elle est là, la crise. Elle est présente, elle se propage. Mais pour celle-ci, pas besoin d'un masque, de tamiflu ou de vaccin pour s'en débarrasser. Pas besoin non plus d'une Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé et des Sports, pour venir tester le vaccin à Gerland, ou prodiguer des conseils à Claude Puel en matière de jeu produit (quoi que...).
Trêve de plaisanterie, à l'OL seul un mental collectif pourra l'éliminer, cette crise grippale. Et Jean-Michel Aulas le sait bien, c'est ce qu'il affirmait d'ailleurs hier soir après la défaite contre Bordeaux, au micro de l'EquipeTV : « On a deux sujets à résoudre : le problème de la solidarité, dehors comme à l'intérieur, et puis le sujet des blessures pour donner un peu plus de cohérence et de force à notre équipe en ce moment ». Le président en a profité pour confirmer Claude Puel dans ses fonctions (« Claude Puel est un excellent entraîneur »), et calmer un peu l'agitation générale autour du club :
« C'est pour ça que je suis là, c'est pour montrer aux joueurs qu'il n'y a pas de panique, même si ça amuse certains de penser qu'il pourrait y avoir panique, il n'y aura pas de panique je peux vous l'assurer. Cela fait 22 ans que j'assume, et ce soir, y a la déception, et puis l'analyse objective qui permet de repartir ».

De repartir vers une nouvelle désillusion ? Personne ne l'espère, bien sûr, que ce soit coach, conseiller comme Président. C'est d'ailleurs la seule chose dont on soit sur qui unisse les trois hommes. L'un des seuls objectifs du triptyque qui soit commun : redresser la barre, donner un cap et s'y maintenir. Claude Puel doit donc à tout prix parvenir à éradiquer son surnom de « capitaine abandonné » : le navire coule, et il en faudrait peu pour que le « paquebot OL » sombre totalement.

Résumé bref du match (histoire que vous ayez quelque chose à dire de ce match en famille si vous ne l'avez pas suivi) :
Lyon a fait jeu égal avec Bordeaux, mais s'est montré trop fébrile (à l'image d'une perte de balle de Maxime Gonalons, par exemple, juste avant la mi-temps). Cette fébrilité s'est ressentie sur le terrain, où Lyon a peu à peu reculé en fin de match et a été piégé dans les dernières minutes, par Marouane Chamakh qui reprenait un centre du beau Yoann Gourcuff (86'). La messe était dite à Gerland et les lyonnais affichaient à la fin du match une mine triste, inquiète et une neuvième place au classement général.



Mikhaël Defoly



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Ligue 1 / OL-Bordeaux : Lyon, pour se retrouver.

dimanche 13 décembre 2009

La chronique de Mikhaël Defoly (13/12/2009)
Ce dimanche 13 décembre 2009, l'Olympique Lyonnais reçoit les Girondins de Bordeaux à Gerland. Après un terrible mois de novembre et un début décembre de la même teneur en Ligue 1, l'OL est logiquement relégué à la 6ème place au classement, à 5 points des leaders bordelais.
Dans un contexte sportif et médiatique difficile, le Septuple Champion de France aborde cette rencontre avec détermination à montrer que Lyon peut rebondir. Le public veut retrouver son équipe, qui s'égare au fil des mois vers un bas niveau de jeu et de résultats. Bordeaux, qui a lui aussi souffert en novembre, semble avoir repris des couleurs. Voici l'un des matchs les plus importants de cette première partie de saison, car la victoire de l'une ou l'autre des équipes pourrait signifier beaucoup sur la suite des évènements nationaux.

L'OL veut stopper cet état végétatif.
Sixième de Ligue 1, deuxième de son groupe de Ligue des Champions, l'OL a très mal enchaîné les matchs de ces deux derniers mois. Le début de saison très encourageant a été effacé par les nombreuses contre-performances actuelles. Lyon, sur les 7 derniers matchs de Ligue 1, n'a pris que 6 petits points. C'est clairement un rythme de relégable. Loin néanmoins du « Grenoble/OL, même combat », le club se doit de rebondir immédiatement. Il y a péril dans la demeure. Car malgré le Président Aulas et sa langue... de bois, son conseiller, Bernard Lacombe, s'est lâché ce vendredi dans les colonnes de France Football. Petit extrait : « Nos milieux à Lille, c'est honteux, honteux ce qu'ils ont fait, c'est une faute professionnelle (…). Mais je le dis carrément, j'aime mieux avoir des mecs qui se révoltent et qui se défoncent que des béni-oui-oui qui ne te font pas gagner un match. Aujourd'hui, si nos gars, plutôt que de parler de la dernière bagnole qu'ils se sont achetée, parlait du jeu entre eux ? S'ils se disaient : ''Tu me fais un appel, je fais un contre-appel. '' C'est ça faire le métier, avoir de l'amour-propre, de la fierté ! ». Ambiance.

On se souvient que Sidney Govou la saison passée avait lui aussi tiré la sonnette d'alarme, mais sans conséquence immédiate. Il avait fallu attendre le retour du cadre lyonnais pour entrevoir une claire amélioration des résultats. Pas de bol, l'ex-capitaine ne sera pas présent ce soir. Tout comme Cleber Anderson (mais a-t-il déjà joué un jour?), Mathieu Bodmer, François Clerc et Jérémy Toulalan. Ce dernier manque d'ailleurs cruellement à l'équipe. Mais un joueur qui devrait être sur la pelouse, et qui inquiète Bordeaux, c'est Lisandro Lopez. L'Équipe récemment titrait sur « Lisandro, le Phénomène ».

Laurent Blanc considère que les deux phénomènes cette année à Lyon sont Lisandro et Lloris, tandis que Marouane Chamakh est très élogieux à l'encontre de son concurrent argentin. « [C'est] un joueur complet, qui a pratiquement tout : le sens du but, il joue bien avec ses coéquipiers, il redouble de passes, et demande beaucoup le ballon. (…) On voit que c'est un garçon qui se donne à fond et qui mérite amplement le statut qu'il a. C'est énorme, c'est le phénomène ».
Des propos qui font suite au triplé de Licha à Lille la semaine dernière (3-4), face à une équipe réputée pour la solidité de sa défense.

Bordeaux pour assommer le Championnat.
A l'instar d'un Lens-Lyon d'il y a quelques années, Bordeaux a ce soir la possibilité de frapper un grand coup dans le Championnat. En effet, une victoire girondine mettrait les lyonnais à 8 points des Champions de France ; un mini-gouffre certain. La dynamique bordelaise est bonne, avec une série toutes compétitions confondues de 4 victoires consécutives, et sans avoir encaissé le moindre but. C'est d'ailleurs la meilleure défense du Championnat qui se déplace ce soir à Gerland (10 buts encaissés). Les hommes de Laurent Blanc ont connu deux petites périodes creuses cette saison : dans la première quinzaine d'octobre (deux défaites, à St Etienne et Auxerre) et dans la première quinzaine de novembre (deux défaites aussi, à Lille et contre Valenciennes). Ce sont à ce jour les quatre seules défaites du club bordelais depuis le début de la saison, toutes compétitions confondues.

Car le Champion de France a de l'orgueil et sait rebondir. Après ses deux périodes creuses, il s'est imposé face au Bayern Munich (2-1) et à la Juventus de Turin (2-0), pour ensuite écraser Le Mans et Nancy en Ligue 1 (3-0). Surtout, et c'était la force de l'OL ces dernières années, Bordeaux sait tenir un résultat. Grenoble, Rennes, le Maccabi Haïfa, Monaco ou plus récemment encore le PSG, tous ont subi la loi bordelaise du 1-0 sans parvenir à égaliser. C'est preuve d'une défense solide, mais aussi d'un mental collectif hors du commun. Les Bordelais sont solidaires, unis, soudés. Le titre de Champion de France et la Ligue des Champions cette année ont consolidé le groupe. Bordeaux, peut-être au contact de la Juventus de Turin, est en train de se trouver une formule italienne qui a fait ses preuves (Laurent Blanc est d'ailleurs de ces entraîneurs qui, au delà de la manière, sont avant tout intéressés par le résultat). Autrement dit, le 1-0 rapporte les 3 points et c'est bien là l'essentiel.
Attention donc à l'OL, qui a prouvé des qualités de réaction mais pourrait s'embourber ce soir dans la masse girondine. Si Gourcuff et sa bande venaient à ouvrir la marque à Gerland, ce serait alors très difficile de revenir dans la partie. Les lyonnais sont prévenus.

Lyon aura donc fort à faire ce soir face au Champion de France en titre.
Bordeaux espère enfoncer un peu plus le clou en tête de la Ligue 1, Lyon veut enfin prouver qu'il est là dans les grand rendez-vous. C'est un match capital pour la suite de la saison, et qui pourrait laisser des traces irréversibles dans un groupe lyonnais en crise identitaire.



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Football / Lyon-Rennes (1-1) : Jamais deux sans trois !

mardi 1 décembre 2009

L'OL a subi la règle de trois ce dimanche soir, en concédant le match nul 1-1 sur sa pelouse contre Rennes. C'est la troisième fois consécutive que Rennes et l'OL se séparent à Gerland sur un score de parité 1-1, c'est aussi la troisième contre performance de suite pour les lyonnais, qui ont laissé s'échapper trois nouveaux points. Après Grenoble (1-1) et la Fiorentina (0-1), les lyonnais, en Championnat comme en Coupe d'Europe, n'avancent plus. Les Rennais ont parfaitement joué le coup, même s'ils ont souffert sur les derniers instants. Ils ont bousculé l'OL et auraient pu même obtenir bien mieux si Hugo Lloris, encore une fois excellent, n'avait pas avorté les tentatives bretonnes.

Lyon rate le coche... encore.
Après le match nul à Grenoble samedi dernier (1-1), tous, joueurs comme membres du staff lyonnais, s'accordaient à dire que l'OL montrerait un autre visage face à la Fiorentina. Mardi, pourtant, rebelote, on a vu un OL brouillon, inefficace, manquant cruellement de technique, de rage, d'envie. Et manquant de s'assurer la première place du groupe. Suite à ce match, Pjanic a déclaré que les lyonnais n'auraient pas d'excuse contre Rennes s'ils ne l'emportaient pas, et Claude Puel argumentant que l'OL visait le titre de Champion d'Automne. Ce n'est pourtant pas l'impression que l'on avait hier, en regardant ce match.

Bordeaux, qui avait vaincu Nancy peu avant (3-0), reprenait trois points à l'OL. Auxerre, défait à Paris la veille (1-0) laissait le champ libre. Mais connaissant ces deux résultats importants, les lyonnais n'ont jamais pris l'avantage dans ce match. La pression du résultat a-t-elle été trop forte ? Toujours est-il que les hommes de Claude Puel sont apparus hésitants, absents des duels, déficients dans l'état d'esprit.

Il aura fallu la technique sur coup franc de Lisandro Lopez (43') pour répondre à la percussion de Gyan, ouvrant la marque à la 14ème minute d'un tir puissant en poteau rentrant. Claude Puel avait pourtant prévenu : « Gyan, c'est un buteur qui fait des différences. Il est véloce, percutant ». Sa parole n'aura pas été entendue, puisque Cris et Boumsong, titularisés en charnière centrale, l'on laissé s'échapper seul face à Lloris et ouvrir le score, pour son huitième but personnel.

Abdoulaye Diallo, à 17 ans, faisait honneur à son centre de formation.
Dès le but rennais, les lyonnais prenaient un coup sur la tête, mais revenaient bien dans la partie à travers des frappes de Cris (25') ou Pjanic (29', 34'). Diallo, remplaçant de Douchez à 17 ans, repoussait les occasions lyonnaises de main de maître. Le centre de formation breton, réputé comme étant l'un des meilleurs de France, faisait une nouvelle fois ses preuves.
Marveaux, au retour des vestiaires, obligeait Hugo Lloris à une parade décisive (51'). A l'heure de jeu, Claude Puel procédait à deux changements simultanément : Gomis et Govou remplaçaient Delgado et Bastos (61'). Puel pensait apporter davantage de percussion, de fraîcheur et de réactivité dans l'équipe.
Une fois Gomis entré en jeu, et associé à Lisandro, l'argentin ne trouvait plus ses marques. Il courait beaucoup sur le terrain, mais souvent pour peu de chose. Un ballon récupéré par-ci, perdu par-là, un contre favorable ici, une passe ratée là, bref rien de bien ragoûtant pour « Licha », excepté son égalisation « Juninhesque ».

Une fin de match débridée, histoire de faire briller les gardiens.
La fin de match était totalement débridée. Au bout de leurs forces, de leurs efforts, Rennais comme Lyonnais mettaient leurs dernières forces dans la bataille. Cheyrou (82') et Lemoine (87') manquaient le K-O, par maladresse et manque de précision. Les lyonnais répondaient du tac au tac en cette fin de match, Gomis heurtant la transversale sur une puissante frappe du droit (88'). Enfin une action litigieuse terminait ces 10 dernières minutes très chaudes, un rennais touchant le ballon de la main sur un centre de Cissokho (90'). Monsieur Malige, l'arbitre de la rencontre, ne bronchait pas et sifflait la fin du match, sous les sifflets de Gerland.

Incontestablement, ce 1-1 est un mauvais résultat pour les deux équipes. L'OL s'enfonce dans ce qui commence à devenir une série noire, avec 5 matchs consécutifs sans victoires, et Rennes ne décolle pas au classement, 10ème de Ligue 1 avec 20 points. Malgré un mois de novembre « catastrophique » (adjectif utilisé par Hugo Lloris), les lyonnais sont néanmoins deuxièmes de ligue 1, à deux petits points de Bordeaux. Les conséquences sont donc moindres pour le club de Jean-Michel Aulas, qui, avec déjà 7 points de perdus à domicile, ne veut pas connaître les mêmes travers que la saison passée. Il ne tient qu'aux lyonnais de réagir enfin, la semaine prochaine à Lille.

Au fil du match
14' : Servi en profondeur par Bangoura, Gyan se présente seul face à Lloris et ouvre la marque avec l'aide du poteau (0-1).
34' : Miralem Pjanic, seul face à Abdoulaye Diallo, le fixe bien mais ne croise pas assez bien son tir. C'est repoussé par le gardien rennais.
43' : Sur un coup franc qu'il avait lui-même provoqué, Lisandro Lopez enroule une frappe qui termine dans la lucarne de Diallo (1-1).
82' : Sow sert Cheyrou, lequel se heurte à Hugo Lloris à bout portant.
88' : Gomis, lancé en profondeur, expédie un missile, repoussé par Diallo sur sa transversale.
90' : Dernière action du match, et litigieuse. Sur un centre de Cissokho, le ballon est touché par une main rennaise dans la surface. C'est sans conséquence.


Mikhaël Defoly

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